Historique médicalp.10

Résultats contradictoires... Problème de laboratoire?

La semaine suivante, je rencontrais le pneumologue qui a prescrit une radiographie des poumons. Celle-ci était parfaitement normale donc résultat négatif. Comme je n'ai jamais fumé, le pneumologue a précisé que normalement, le résultat de la radiographie serait suffisant et que les nodules trouvés par le scanner n'étaient probablement que des cicatrices anciennes occasionnées par de vilains rhumes. Mais, par précaution à cause du diagnostic de cancer, il fallait référer mon cas à un spécialiste pneumo-thorax au cas où celui-ci voudrait faire une thoracoscopie pour pousser l'investigation à propos des 5 nodules au poumon (quoi 5 et pas 3?). Et dans ce but également, je devais subir un test pulmonaire pour évaluer les fonctions respiratoires afin de s'assurer que je pouvais supporter l'opération. Les tests pulmonaires ont eu lieu sans problème: tout était OK.

De retour au deuxième hôpital pour un suivi puisque ce type de cancer était la spécialité du gynécologue, il m'a rassuré quant au retard de mes règles, précisant que le second ovaire prendrait la relève très bientôt. Quant à l'analyse de l'ovaire enlevé et des résultats du curetage, tout était négatif: aucun problème dans l'utérus et l'ovaire ne présentait aucune trace de cancer. Mon dossier n'ayant toujours pas reçu les résultats des tests effectués avant l'opération, le gynécologue a demandé à les recevoir au plus vite. Le taux de B-HCG AVANT l'opération était de 1,2 soit parfaitement normal!!! De plus, l'autre prélèvement fait APRÈS l'opération, le même jour qu'au premier hôpital, montrait un taux de B-HCG normal à 0,6. Le spécialiste ayant communiqué ces résultats au gynécologue qui avait demandé les premiers tests, celui-ci a préparé des nouvelles demandes de prélèvements sanguins, l'une pour le premier hôpital, l'autre pour un troisième hôpital.

Entre-temps, estomaquée par tous ces résultats contradictoires, je me suis renseignée auprès d'un pharmacien pour savoir si les tests de grossesse disponibles en pharmacie étaient suffisamment précis pour détecter des B-HCG positifs mais peu élevés. Il m'a affirmé que certains tests de grossesse pouvaient détecter des taux aussi bas que 25. J'ai vérifié auprès de la compagnie qui produit le test que j'avais choisi. On m'a confirmé les affirmations du pharmacien. Hors, le test se révélait négatif!!!

Faux résultats positifs donc pas de cancer du placenta... mais c'est pas fini

Les prélèvements sanguins effectués au troisième hôpital ayant confirmé un niveau normal d'hormones Beta-HCG (plus petit que 5), le gynécologue a contacté le biochimiste du premier hôpital. Celui-ci a demandé que je subisse de nouveaux prélèvements, les éprouvettes devant lui être adressées personnellement.

Dès réception, il a procédé à l'analyse des B-HCG: résultat positif à 57. Il s'est alors rendu à quatre autres hôpitaux et a obtenu, avec le même échantillon de sang, des résultats discutables, l'un similaire au-dessus de 50, un autre deux fois plus élevé, et deux autres hôpitaux montraient des taux normaux, en bas de 5.

C'est alors qu'un des biochimistes rencontrés s'est souvenu avoir lu sur Internet que le sang de certaines femmes pouvait produire des anticorps envers les réactifs utilisés dans les appareils pour les tests de grossesse et ainsi produire de faux résultats positifs. Après quelques recherches, une copie d'un bulletin technique a été envoyée à mon gynécologue qui me l'a retransmise après quelques semaines (ce n'était plus urgent).

On a donc conclu que je n'avais pas de cancer mais était-ce vrai? N'oublions pas qu'il me restait encore des rendez-vous à mon agenda.

Et maintenant, films égarés... foutu système!

Au troisième hôpital, je devais rencontrer le chirurgien spécialiste pneumo-thorax et lui apporter pour cette consultation les films pris par le scanner concernant les poumons, films que j'étais allée chercher au premier hôpital et qu'on m'avait remis dans une enveloppe scellée pour laquelle on m'avait demandé une signature.

Après plusieurs heures d'attente pour le fameux chirurgien, j'ai appris qu'il n'était pas disponible. Le chirurgien général qui m'a reçue a accepté, sur mon insistance, de regarder les films afin de me rassurer un peu. Quand il a ouvert l'enveloppe, il a constaté que les films relatifs aux poumons étaient manquants. Il n'avait pas le temps de les chercher.

J'ai donc dû effectuer d'autres démarches: 1) contacter le département de radiologie du premier hôpital qui m'a indiqué que j'aurais dû avoir 10 films en ma possession alors que je n'en avais que 5; 2) contacter le département de pneumologie qui aurait dû être le dernier à toucher ces films mais qui n'en avait aucune trace donc le pneumologue avait établi son diagnostic sans jamais avoir regardé les films; 3) contacter le deuxième hôpital qui m'a indiqué la présence de 8 films donc le nombre total de films était en fait de 13; 4) aller les chercher 5) et finalement reprendre rendez-vous avec le fameux chirurgien pneumo-thoracique.

Lors de ces contacts par téléphone, on m'a pourtant fait des tas d'affirmation: "les enveloppes sont toujours complètes... sont toujours vérifiées... aucune erreur n'est possible... les étiquettes correspondent toujours au contenu... les enveloppes décachetées sont toujours vérifiées quand elles reviennent... le contenu est toujours vérifié avant de cacheter l'enveloppe..."

Ouf! Une chance que je n'avais pas un vrai cancer finalement... Comment font les vrais malades pour se démerder dans ce foutu système? Et comme je n'étais pas encore complètement épuisée, j'en ai profité pour expédier une plainte officielle pour toute cette paperasserie... (Ça n'a rien donné mais au moins j'ai pu me défouler!)