Historique médicalp.13

Mauvais service... Joyeuses Fêtes?... Bactérie bien réelle

La date du 20 décembre 2002 figure dans mon histoire comme la goutte qui fait déborder le vase et où j'ai vraiment perdu toute confiance dans le système médical. À quoi ça sert de payer des impôts si c'est pour obtenir ce genre de non-service?

La centrale de rendez-vous de l'hôpital m'avait téléphoné la veille pour m'aviser de cette consultation avec le gastro-entérologue après plusieurs mois d'attente. Comme j'avais déjà un rendez-vous le matin en hémato-oncologie pour un suivi, je m'attendais à passer plusieurs heures à l'hôpital. Dans tout l'hôpital, les festivités allaient bon train pour les employés: en hémato-oncologie, ils (les employés, pas les patients) avaient droit à la visite du Père Noël devant les patients qui attendaient leurs traitements pour le cancer... Quelle subtilité!

Après une longue attente, on m'a informée que ma rate travaillait trop (peut-être à cause du fer?) mais comme il n'y a pas de traitement efficace, rien à faire, je ne pouvais que continuer mes surplus de fer. On m'a aussi communiqué le résultat positif du test nucléaire et on m'a expliqué que la bactérie Hélicobacter pylori pouvait être la cause du nombre anormal de globules blancs (pourtant normaux avant l'opération de mars 2001) et de la mauvaise haleine. Comme je devais voir le gastro-entérologue l'après-midi même, ce serait à lui de décider du traitement et à lui que je pourrais poser des questions.

De retour à l'hôpital pour mon rendez-vous de 14h30, j'ai eu la mauvaise surprise de constater qu'on ne m'attendait pas: la secrétaire, en train de "jaser" avec une collègue devant une salle d'attente vide n'avait, semble-t-il, pas été avisée par la centrale de rendez-vous et devait donc faire venir mon dossier. Entre-temps, le seul médecin disponible en gastro-entérologie venait de sortir de son bureau. Je l'ai arrêté avant qu'il ne passe la porte (puisque la secrétaire était encore occupée à jaser) en lui demandant s'il revenait pour ma consultation: il a regardé sa montre, a jeté un regard à la secrétaire qui bafouillait en s'excusant de le faire attendre à cause du dossier manquant et, mécontent, a repris la direction de son cabinet. (C'est une chance que j'aie pris la liberté de l'intercepter. Sinon, il serait parti sans que la secrétaire lève le petit doigt!)

Une fois mon dossier arrivé, le spécialiste, toujours mécontent, m'a traitée comme si j'étais une enquiquineuse qui l'empêchait de terminer sa journée de travail. Pendant que j'essayais de répondre à ses questions, il m'interrompait constamment pour me poser de nouvelles questions dont il notait les réponses à toute vitesse. À l'entendre, il aurait fallu que je repasse tous les tests qu'on m'avait déjà fait subir.

Comment la bactérie était-elle arrivée dans mon estomac? Il m'a sorti des statistiques: au moins 10% de la population mondiale a le même problème, pourcentage pouvant varier chez chaque peuple. Ça ne sert à rien de la traiter... Pourtant mes globules blancs étaient normaux avant l'opération de mars 2001, donc aurais-je pu attraper cette bactérie à l'hôpital? Tout ce qu'il désirait, c'était que j'aille m'inscrire pour une biopsie du duodénum afin de vérifier pour un ulcère alors que mon médecin me parlait d'intolérance au gluten. Il ne semblait pas vouloir me donner les détails dont j'aurais eu besoin pour me sentir à l'aise. Bref, nous n'étions pas sur la même longueur d'onde.

En moins de 10 minutes, j'étais ressortie de son bureau pour donner mon dossier à la secrétaire et me faire indiquer les étapes à suivre. Mais voilà, comme les festivités continuaient encore: les petits rennes au nez rouge (déguisement des employés) étaient en train de chanter devant la secrétaire, j'ai dû attendre la fin du concert pour avoir droit à un peu de service. On m'a envoyée dans un autre département pour prendre un rendez-vous pour l'endoscopie devant avoir lieu en janvier de l'année suivante.

La semaine suivante, j'avais la surprise de recevoir un nouvel appel de la centrale de rendez-vous de l'hôpital. On m'a demandé d'une voix un peu sèche pour quelle raison je n'étais pas allée à mon rendez-vous du 20 décembre 2002. Après avoir expliqué que non seulement je m'y étais rendue mais qu'en plus j'avais été très mal reçue, j'ai demandé un nouveau rendez-vous. On m'a répondu qu'un responsable devrait me rappeler en janvier.

Juste avant Noël, mon médecin de famille me téléphonait pour me confirmer la présence de la bactérie dans mon estomac. Quand il a appris que le gastro-entérologue avait décidé de ne pas la traiter, il s'est empressé d'appeler la pharmacie pour me prescrire trois médicaments dont deux antibiotiques (metronidazole, amoxi et pantoloc) à prendre pendant deux semaines. Je devais aussi cesser les surplus de fer pendant ces deux semaines. Personne n'a jamais vérifié par la suite si la bactérie avait bien disparu.

2003 - Rendez-vous fantôme?

En janvier 2003, le responsable de la centrale de rendez-vous m'a fait répéter mon histoire mais il n'avait pas le droit de me céduler un autre rendez-vous. Je devais demander à mon médecin de famille de faire une nouvelle demande pour qu'on puisse me replacer sur la liste d'attente. Il n'y avait rien à comprendre dans le fait que mon rendez-vous de décembre avait été oublié avant de disparaître complètement. À croire que ça arrivait souvent!

Déçue, j'ai rappelé pour vérifier quel spécialiste devait procéder à la biopsie. Après confirmation que ce serait le même que j'avais rencontré, j'ai décidé d'annuler mon rendez-vous. Comment aurais-je pu faire confiance à un tel spécialiste, à un tel système broche à foin? J'avais l'impression d'être encore moins qu'un numéro. De toute façon, la biopsie aurait été reportée puisque j'ai su plus tard que la date qu'on m'avait donnée correspondait à celle où les spécialistes avaient décidé de tenir une "journée d'études". Je préfère autant ne pas savoir où j'en serais rendue si je n'avais pas annulé ce rendez-vous.

Peut-être aussi que j'ai simplement fait un cauchemar? Notre système de santé peut-il être pourri au point où les médecins suivent une certaine mode dans les diagnostics et traitements, que les patients sont à peine tolérés et encore seulement pour justifier l'existence même de ces médecins?