Historique médicalp.15

"Écoeurantite aiguë?"

Encore en juillet 2005, chez un troisième dentiste que j'avais choisi parce que la clinique abrite aussi un denturologiste, j'ai demandé expressément à me faire arracher toutes les dents de la mâchoire supérieure et me faire traiter celles du bas. Après avoir entendu mon histoire, on a essayé de me convaincre que des traitements étaient possibles pour le haut aussi. Et on m'a ressorti cette fameuse expression que j'entends de plus en plus chez les dentistes: "Vous souffrez d'écoeurantite aiguë!" On a procédé à une nouvelle radiographie panoramique, celle du mois de mai n'étant pas suffisamment claire à leur avis. (Pourtant cette nouvelle radiographie était tellement sombre qu'on n'y voyait pas grand chose!)

On a fait venir le dentiste en chef qui a tenté à son tour de me convaincre que les traitements étaient préférables aux prothèses. Suite à mon refus de ces traitements et après un nouvel examen, il a constaté que je semblais avoir un problème de salive et m'a proposé de rencontrer un spécialiste en médecine buccale. Il m'a assurée que, suite à ma rencontre avec cet autre spécialiste, si je persévérais dans ma décision de ne pas traiter mes dents, il procéderait à l'extraction complète comme je le demandais et sans faire d'histoire. Il me suggérait aussi l'utilisation d'un rince-bouche au fluor à prendre quotidiennement afin de solidifier l'émail de mes dents (pour ce qu'il en restait) et à débuter dès ce jour. À ma demande, il a précisé que l'extraction complète se ferait en une fois seulement... "pas de temps à perdre avec ça!" Je voyais qu'il se foutait royalement de ce que ça impliquait comme désagréments pour le patient.

À ce point de mon histoire, je précise que chaque dentiste m'a fait remplir un questionnaire dans lequel j'ai toujours indiqué tous mes problèmes médicaux dont l'hypothyroïdie et l'anémie contrôlée par des surplus de fer.

Manque de salive... une autre biopsie pour rien

En août 2005, à l'hôpital où le spécialiste en médecine buccale possède un cabinet et où les frais de consultation ne sont pas défrayés par la RAMQ, munie de mes deux radiographies panoramiques, on m'a fait passer des tests de salivation qui ont confirmé mon manque de salive. Le dentiste m'a convaincue qu'une biopsie des glandes salivaires devrait permettre de confirmer à coup sûr le syndrome de Sjogren pour lequel on ne connaît toujours aucune cause. Il m'a fait subir d'autres prélèvements sanguins relativement à la maladie de Raynaud et un autre pour le facteur rhumatoïde qui pourrait confirmer l'assèchement du liquide entre les articulations et donc une arthrite rhumatoïde. Et on me demandait de prendre un rendez-vous chez l'ophtalmologiste pour vraiment confirmer l'assèchement des yeux.

Je me suis soumise à la biopsie et aux autres tests. J'en ai été quitte pour deux semaines de douleurs supplémentaires et des comprimés de codéine pour quand la douleur devenait trop pénible. Le spécialiste m'avait aussi suggéré l'utilisation de salives artificielles (deux produits au choix) et m'avait donné une prescription pour un médicament (Salagen) qui est censé activer la salivation en me disant que je pouvais encore attendre avant de le prendre. J'ai remis la prescription au pharmacien en attendant d'en avoir besoin.

Un mois plus tard, le résultat de la biopsie n'était pas clair à cause semble-t-il du facteur rhumatoïde qui est très élevé (1 400 kU/L alors que le taux normal doit être inférieur à 20) donc pas de confirmation définitive de Sjogren, j'aurais donc pu m'en passer. Le spécialiste toutefois a répondu au dentiste par écrit en indiquant que je souffrais "probablement" du syndrome de Sjogren et d'arthrite rhumatoïde ainsi que de la maladie de Raynaud. Il précisait dans sa lettre que je devais continuer le rince-bouche au fluor et me prescrivait de commencer un traitement au Salagen après que j'aurais essayé les salives artificielles. Il ajoutait qu'après quelques mois de ces traitements, on devrait reprendre quelques obturations pour voir si ça tiendrait.

J'ai essayé les salives artificielles sans succès. Un mois après avoir commencé le rince-bouche au fluor, mes dents ont commencé à briser (quand je passais la soie dentaire, j'arrachais des morceaux) Au moment où je me suis sentie prête à essayer le Salagen, j'ai demandé au pharmacien de ressortir la prescription que je lui avais remise mais, encore une surprise, une date d'expiration avait été inscrite m'obligeant à en demander une autre. J'ai donc décidé d'attendre mon rendez-vous annuel chez mon médecin de famille.

Empoisonnement alimentaire... gastro-entérite... mais une découverte positive

Octobre 2005, après une cérémonie de baptême, toute la famille se réunissait autour d'un buffet froid qui semblait appétissant au premier abord mais qui s'est avéré contenir quelques microbes puisque, le lendemain, la plupart des invités se retrouvaient avec une gastro-entérite et tous ses jolis symptômes: fièvre, diarrhées et vomissements.

Dans mon cas, les ballonnements auxquels j'étais habituée depuis presque 20 ans étaient maintenant devenus de douloureux maux de ventre accompagnés de gargouillis très sonores et plutôt embarrassants.

Alors que les autres membres de la famille avaient vu les symptômes diminuer après quelques jours, je continuais à ressentir des maux de ventre même après plusieurs semaines. Naturellement, mes chaleurs et autres bobos habituels ne m'avaient pas lâchée non plus.

Comme d'habitude, pendant mes heures de dîner sur mon lieu de travail, je cherchais des explications. Mon cheminement m'a alors conduite vers des articles concernant l'intolérance au lactose. Je n'avais pas grand chose à perdre à faire un test simple: j'ai cessé toute consommation de produit laitier pendant 3 jours: Résultat: mes ballonnements ont cessé complètement dès le deuxième jour et chose encore plus surprenante, mes chaleurs ont également disparu! J'ai alors remplacé définitivement le lait de vache par une boisson de soya enrichie.

Par la suite, en 2006, le test d'intolérance au lactose s'est avéré négatif mais je n'ai jamais recommencé régulièrement à consommer le lait de vache. Et je ne souffre de chaleurs que lorsque j'en prends. J'utilise de la margarine sans lactose mais je continue quand même à tartiner mon pain de beurre de temps à autre. Je dormais mieux et commençais à me sentir très bien. Par contre, mes ronflements s'accentuaient, ce qui pouvait être un signe que mon hypothyroïdie n'était pas bien contrôlée.