Historique médicalp.21

Le test de biocompatibilité dentaire déclenche un peu d'enthousiasme...

Novembre 2006: Munie du résultat de mon test de biocompatibilité dentaire, je me suis rendue au cabinet de dentiste chez qui on m'avait fait le traitement de canal en 2002. J'avais pris ce rendez-vous à l'été afin d'éviter que mon dossier ne soit fermé automatiquement après une trop longue période d'inactivité.

J'ai rencontré un dentiste expérimenté qui était surpris de voir un tel test de biocompatibilité. C'était la première fois qu'il en entendait parler. Malheureusement, le produit principal qu'il utilisait n'était pas compatible selon ma liste. Il m'a suggéré de contacter le directeur des cliniques dentaires de l'université où il y avait plus de possibilités de produits différents. Il était convaincu que mon cas pourrait faire l'objet de recherches. Pour ce qui était de l'effet du rince-bouche au fluor qui avait, selon moi, cassé mes dents, il n'a pas semblé surpris.

Ce rendez-vous inutile avait au moins eu le mérite de me donner un espoir quant à l'accueil qui serait réservé au test de biocompatibilité. C'est avec une mentalité très positive que j'ai entrepris la suite des démarches.

... Mais beaucoup de suspicion et d'animosité

Le même jour, j'ai contacté par téléphone le directeur des cliniques dentaires de l'université, lequel est un ancien associé du dentiste que j'avais vu le matin même et qui, de plus, était le dentiste qui m'avait traitée pour un abcès et un traitement de canal en 2002. Il semblait sur ses gardes quand je lui ai indiqué ces faits en guise d'introduction. Il voulait savoir qui m'avait donné ses coordonnées, le nom des dentistes et spécialistes dentaires que j'avais rencontrés ou que je devais encore rencontrer, etc. Dès que je lui ai parlé du test de biocompatibilité fait à partir d'une trousse fournie par un membre de l'association des dentistes holistiques (même si je n'en avais pas encore rencontré), il a éclaté et a tenté de rabaisser les "holistiques" en disant qu'ils allaient me prescrire toutes sortes de produits homéopathiques et autres. Il a aussi refusé de me rencontrer, arguant que les traitements fournis par les étudiants risquaient d'être longs. À aucun moment, il n'a considéré le type de produits qui pourraient m'être offerts.

Pour trouver un dentiste, holistique ou non, n'utilisant que des produits moins dangereux pour moi, il n'existe aucune liste centralisée. Chaque dentiste est libre de commander ce qu'il désire. Je devais contacter chaque cabinet de dentiste et demander la liste des produits utilisés pour les obturations dentaires (composite, adhésif, nettoyant, etc). Voulant obtenir un nouveau rendez-vous avec le dentiste spécialisé en chirurgie buccale et maxillo-faciale, j'ai dû, sur insistance de sa secrétaire, lui faire parvenir d'abord ma liste de biocompatibilité. La lettre d'introduction lui précisait aussi la date de mon prochain rendez-vous avec le prosthodontiste (dont la secrétaire n'avait pas insisté pour obtenir une copie du test au préalable).

La variété de produits utilisés dans un même traitement constitue une autre difficulté. Plusieurs réceptionnistes de cabinets dentaires m'ont trouvé les noms pour les composites et adhésifs mais je vais devoir me déplacer pour vérifier les autres produits, à moins que je réussisse à trouver sur Internet la composition des kits. Malheureusement, il y aura toujours la possibilité que le dentiste change son produit entre le moment où j'aurai obtenu une confirmation et le moment où les traitements auront lieu. D'ailleurs, je ne suis pas certaine qu'un dentiste accepte de me signer un papier indiquant quels produits ont été utilisés.

Une réaction surprenante et tout à fait "non professionnelle"

Décembre 2006: J'ai eu droit à une douche froide...

Le prosthodontiste, lors de mon rendez-vous, m'a carrément tourné le dos aussi bien au sens propre qu'au sens figuré. J'ai eu la nette impression qu'il avait entendu parler du test de biocompatibilité que je m'apprêtais à lui montrer. Assis face au mur pendant que j'essayais de lui expliquer le but de ma visite, il feuilletait le document à toute vitesse en poussant des exclamations du genre "C'est capoté ben raide!" ou "Ça n'a pas d'allure!" (Expressions québécoises). Me méprenant sur ses intonations, j'ai crû qu'il était enchanté de connaître un tel test et j'ai continué de lui expliquer ma démarche. Il a alors trouvé dans la liste un produit qu'il utilise dans la fabrication des prothèses dentaires. Ce produit n'étant pas compatible, il m'a avisé qu'il ne pouvait pas m'offrir de traitement. Je lui ai demandé s'il lui était possible de commander un autre produit compatible de la même famille. Il a refusé carrément.

Comme je lui avais expliqué que la trousse provenait d'un cabinet de dentiste holistique, il a continué en disant que je n'avais plus qu'à remettre mon sort entre les mains de ces dentistes, qu'ils connaissaient sûrement des denturologistes associés. Ou sinon que je communique avec le directeur des cliniques dentaires de l'université (Je suis prête à parier qu'il avait déjà reçu un coup de fil dudit directeur.) Devant sa secrétaire, je lui ai demandé s'il pouvait me référer à quelqu'un d'autre. Il m'a répondu "Ma pauvre dame, je ne peux plus rien pour vous". À ma question de savoir combien je lui devais, il était heureux de me répondre "rien du tout!". Il semblait avoir hâte de me voir sortir de son cabinet le plus vite possible.

En revenant en autobus, je devais passer devant le cabinet du spécialiste en chirurgie buccale et maxillo-faciale. J'ai décidé de m'y présenter sans attendre pour obtenir le rendez-vous que j'avais demandé. Après avoir cherché mon dossier, la secrétaire m'a indiqué qu'il était dans le bureau du dentiste. Il semble bien que lui aussi avait pris connaissance du test de biocompatibilité et qu'il avait dû recevoir un avis officiel, car il m'a fait répondre par sa secrétaire qu'il ne voulait plus traiter mon cas et que je n'avais qu'à consulter un spécialiste en médecine buccale. Je n'ai pas réussi à savoir s'il avait contacté le prosthodontiste.

Le même jour, voulant combattre mon sentiment de frustration, j'obtenais un rendez-vous chez le dentiste holistique, avec un denturologiste disponible dans le même cabinet. À ma grande joie, il a vite trouvé des composantes de dentiers qui étaient compatibles selon mon test.

Ayant également obtenu un rendez-vous avec le dentiste holistique pour la semaine suivante, l'hygiéniste dentaire a été surpris de voir le nombre de produits dentaires non compatibles mais a quand même trouvé suffisamment de produits compatibles pour des restaurations. Jusque là, l'espoir me revenait.

Toutefois, le dentiste m'a à nouveau déprimée. Il refusait de procéder à l'extraction et refusait aussi de traiter mes dents tant qu'on ne trouvait pas la raison de la corrosion. Il tenait d'abord à discuter avec le spécialiste en médecine buccale qui m'avait traitée et m'indiquait que l'extraction complète devrait avoir lieu en milieu hospitalier. Il a conclu en me demandant les coordonnées des autres spécialistes que j'avais contactés et en m'assurant qu'il me rappellerait en janvier 2007.