Historique médicalp.22

Encore d'autres qui me tournent le dos

Février 2007: L'existence des dentistes holistiques m'avait donné de nouveaux espoirs vite déçus. L'appel que j'attendais en janvier n'ayant pas eu lieu, j'ai dû me rappeler au bon souvenir du dentiste holistique que j'avais rencontré en décembre. Celui-ci m'a donné comme excuse que le spécialiste en médecine buccale ne retournait pas ses appels, que le prosthodontiste lui avait affirmé qu'aucun des produits qu'il utilisait n'était compatible pour moi, que le spécialiste en chirurgie buccale et maxillo-faciale préférait que l'extraction ait lieu en milieu hospitalier, et finalement qu'il allait contacter un autre dentiste holistique, le fondateur du mouvement. Il a conclu notre entretien en me disant qu'il me rappellerait... un jour...

Ayant poursuivi mes lectures sur Internet, je suis tombée sur un article scientifique publié en 2004 par un biochimiste d'un hôpital québécois concernant les interférences provoquées par les anticorps hétérophiles (HAMA) dans les tests immunologiques, faux résultats ayant pour conséquences des interventions chirurgicales inutiles. J'ai contacté son auteur par courriel pour lui faire part de mon expérience personnelle en espérant lui permettre d'affiner ses recherches. Je lui disais mon intention d'apporter son article au médecin avec qui j'avais rendez-vous à la fin du mois. Malheureusement pour moi, sa réponse ne m'est parvenue qu'après le rendez-vous en question mais tout porte à croire que ça n'aurait rien changé. Il avait, semble-t-il, discuté mon cas avec ses collègues. Il admettait que plusieurs résultats pouvaient être faussés et n'avait aucune solution à proposer mis à part que les médecins et les biochimistes devaient se parler. Dans mon cas, ça n'a servi à rien.

L'endocrinologue a été soulagé de me dire qu'il n'avait plus besoin de me revoir. Mes derniers prélèvements indiquaient une T4L normale malgré un taux de TSH à 50. Les vérifications cliniques étaient normales. Il a trouvé ma glande thyroïde plus petite que prévue et semblait considérer ce fait comme très positif (en fait, j'avais sauté une semaine de médication après les prélèvements et juste avant ette consultation... c'était la première cachotterie que je faisais à un médecin et j'ai décidé de ne pas lui en parler puisque tout était bien à ses yeux) Le taux de bilirubine était dans la norme donc il n'avait aucune explication pour mes problèmes de peau. Il m'a dit que mon médecin de famille pouvait continuer le suivi en se fiant uniquement sur le taux de T4L.

Les courriels que j'avais adressés aux ministre et sous-ministre fédéraux en novembre, et comportant des questions pour les tests de laboratoire et pour les produits dentaires, m'ont valu une réponse inutile mais plutôt détaillée du chef de cabinet. Il se disait au courant pour les anticorps mais précisait que toutes les machines comportent un étiquetage en règle à ce sujet et que les médecins devaient se fier sur l'examen clinique pour des tests complémentaires. Bref, beaucoup de détails mais rien de précis. Pour ce qui est des produits dentaires, ils sont considérés comme des instruments médicaux et sont réglementés de telle sorte que ce sont les laboratoires eux-mêmes qui doivent fournir la preuve qu'un danger existe pour la santé(!) Le règlement ne permet pas d'obliger les laboratoires à utiliser une marque ou une autre de machine et toute autre question est de juridiction provinciale. En d'autres termes, en voilà un autre qui se lavait les mains de tout problème réel de santé!! Et la boucle était bouclée!!!

Même les hôpitaux me refusent tout traitement dentaire

Mars 2007: Je venais d'avoir 50 ans. Le dentiste holistique, que j'avais dû relancer encore une fois, m'a signifié que je ne devais plus compter sur ses services. Avec un manque d'assurance détectable dans sa voix, il m'a raconté qu'il n'était plus question d'extraction et que je devais être suivie par le spécialiste en médecine buccale. (Encore une fois, j'étais prête à parier que ce dentiste s'était fait avertir par l'un ou l'autre des autres dentistes que j'avais contactés.) Il m'a suggéré aussi de rencontrer le dentiste qui a démarré le mouvement holistique mais sans pour autant me donner une référence officielle. Ce dernier demande des frais plutôt importants pour une première rencontre et j'hésitais encore puisqu'il semble que le seul point différent avec les autres dentistes soit le non usage d'amalgames au mercure. Les dentistes holistiques ne semblent pas se préoccuper de la nocivité des autres matériaux dentaires. Je me suis contentée d'obtenir une copie de mes radiographies panoramiques de 2006 et celles de 1998 chez mon ancien dentiste. J'ai obtenu également une copie de la liste des produits biocompatibles que le denturologiste prévoyait utiliser pour mes dentiers. Je voulais être certaine de l'avoir sous la main si un jour je réussissais à me faire arracher les dents.

J'ai obtenu un nouveau rendez-vous en juin avec le premier dentiste qui avait accepté l'idée d'extraction complète. Afin de gagner un peu de temps, j'ai pris également rendez-vous avec le denturologiste de son cabinet pour m'assurer qu'il utilisait des produits biocompatibles. Sur ce dernier point, aucun problème. J'ai même promis de lui fournir une lettre pour le décharger de la mauvaise tenue possible des dentiers à cause de mon manque de salive. Avant la fin de mon rendez-vous, il a discuté avec le dentiste qui se disait toujours disposé à procéder à l'extraction complète, solution qui n'a toujours été que la seule dans son esprit vu l'état de mes dents, et a demandé à examiner une copie du test de biocompatibilité. Je lui ai apporté une copie quelques jours plus tard. À ma grande surprise, sa secrétaire m'a téléphoné la semaine suivante pour m'aviser que mon rendez-vous de juin pour l'extraction avait été annulé par le dentiste et qu'il me suggérait de demander ces traitements à l'hôpital dont la secrétaire m'a fourni le numéro.

Après un va et vient téléphonique entre secrétaires d'un hôpital à l'autre, j'ai enfin obtenu une consultation en chirurgie buccale d'un autre hôpital. L'étudiant qui regardait mes réponses au questionnaire d'usage m'a carrément ri au nez quand je lui ai parlé de biocompatibilité dentaire et de liens possibles avec diverses maladies. Quant au chirurgien buccal, il m'a dit qu'il ne pouvait rien faire sans une indication d'un dentiste généraliste. Le fait que je sois là suite à la suggestion d'un dentiste n'était pas suffisant. Il m'a référée à un dentiste généraliste du même hôpital, pour le même jour. Cependant, les secrétaires avaient oublié mon dossier quelque part. J'en ai été quitte pour une autre partie de patience. Cette nouvelle consultation dans le même hôpital a finalement abouti à une autre réponse négative. On ne pouvait pas traiter mes dents puisque les produits n'étaient pas biocompatibles, on ne voulait pas en commander d'autres et on ne voulait pas préconiser l'extraction sans une demande écrite d'un dentiste externe à l'hôpital parce que les dents étaient récupérables.