Historique médicalp.5

Accouchement normal (?) malgré tout

Après six ou sept heures de cette relation platonique entre l'infirmière et mon moniteur, elle est arrivée avec des petites pilules blanches, du pitocin (je crois?) prescrit par le gynécologue de service, à prendre chaque demi-heure et qui devaient régulariser (?) mes contractions. J'ai accepté de les prendre après qu'elle m'a dit que le gynécologue les conseillait d'habitude et que ça m'aiderait à "mieux contracter". Ce fameux médecin n'avait pas daigné venir me voir pourtant et j'ignore si l'infirmière lui avait indiqué les problèmes avec le moniteur (j'en doute).

J'en étais rendue à la dixième pilule quand je me suis rebellée. Ça faisait presque douze heures que j'avais des contractions de plus en plus rapprochées auxquelles personne ne croyait à tel point que j'étais maintenant convaincue que ce n'étaient plus des contractions mais un problème grave. J'ai refusé cette pilule en disant puis en criant que je voulais voir le médecin. L'infirmière ne comprenait pas ma crise puisque la machine n'indiquait toujours pas de contractions régulières.

Le gynécologue a fini par se pointer pour se rendre compte après examen que mes contractions étaient bien réelles, que mon ouverture était bien suffisante pour laisser passer le bébé et que je n'avais qu'à commencer à pousser à chaque contraction pendant qu'on me transférait dans la salle d'accouchement.

Complètement paniquée par des douleurs que je ne comprenais plus puisque ça faisait douze heures qu'on me disait que ce n'étaient pas des contractions, je me sentais incapable de pousser et d'ailleurs, comment est-ce qu'on pousse, hein? Personne ne me l'avait expliqué, mes cours étaient pas mal loin et je ne suis pas certaine qu'on m'avait expliqué le comment. À chaque douleur, je m'assoyais en grognant et criant pensant que c'était la bonne méthode.

Naturellement, on m'avait transférée dans la salle d'accouchement encore connectée au fameux moniteur qui ne fonctionnait pas bien mais que le médecin regardait intensément. Il m'a d'abord piquée pour une anesthésie locale dans le but de me faire une épisiotomie. Mais voilà qu'il a commencé à couper avant que l'anesthésique ait agi. Au moment où j'ai ressenti cette nouvelle douleur, j'ai repris ma méthode de pousse pour finalement entendre l'infirmière préposée aux accouchements demander au médecin s'il avait déjà coupé et, sur sa réponse affirmative, me dire que ce n'était pas une contraction. Tant qu'à enfin me parler, elle s'est décidée à m'indiquer que pour pousser efficacement, il fallait forcer comme quand on doit faire une selle. Fallait le dire! J'aurais dû faire appel à une sage-femme. Elle aurait su comment, quand et quoi m'expliquer.

Puis le médecin a lu sur le fameux moniteur que le rythme cardiaque du bébé semblait diminuer et m'a dit qu'il devait utiliser les pinces pour le sortir. Finalement, mon enfant est apparu rapidement et n'a pas trop souffert de séquelles suite à l'utilisation des pinces (seulement une trace sur le front mais n'était-ce pas dû au moniteur?). Il s'est avéré que son cœur battait normalement et que c'était le moniteur qui était soit mal installé, soit défectueux. Encore une fois, j'en ai été quitte pour une bonne peur et un autre épisode à ajouter à ma saga médicale. Par contre, le bébé était d'un poids inférieur à la normale (5 livres 7 onces). Une once de moins et c'était l'incubateur. Pourtant, je n'ai jamais fumé ni consommé de substances connues pour donner ce genre de résultats. Avec ce que je sais maintenant, je crois que son petit poids était dû au fait que le mercure de mes amalgames dentaires a traversé le placenta. Je continue à investiguer de ce côté.

Mes durs débuts du métier de mère

Le séjour à l'hôpital suite à un accouchement, au Québec dans les années 1980, était d'une durée de 5 jours (30 ans plus tôt, la durée était de 10 jours; dans les années 2000 elle n'est plus que de 2 jours). J'avais encore le rhume et je devais soigner ma coupure faite pour l'épisiotomie. Pour la première nuit, même si les infirmières étaient au courant que j'avais choisi l'allaitement naturel, elles ont gardé le bébé en incubateur pour, à ce qu'elles disaient, me laisser reposer. Elles m'ont présenté cela comme une procédure normale. Comme une autre nouvelle maman était dans la même chambre, je n'ai pratiquement pas fermé l'œil de la nuit alors l'idée de repos...

Le lendemain on m'a apporté mon bébé pour que je l'allaite... sans grand succès. Il s'endormait après quelques minutes et se réveillait tout le temps en hurlant! Je croyais que je n'avais pas la bonne technique. Évidemment, personne ne me conseillait...(Encore une fois, les cours prénataux étaient loin et mes lectures me semblaient à une année lumière au moins.) Entre-temps, il semble que le médecin avait prescrit d'autres petites pilules blanches. Naïvement encore et comme j'étais très fatiguée, j'acceptais ce qu'on me donnait, croyant que ce devait être pour mon rhume. Les infirmières semblaient trouver cela normal... Jusqu'à ce qu'on m'en apporte une en disant que c'était pour arrêter ma montée de lait!!!

Je n'en revenais tout simplement pas de toutes ces erreurs (ou négligences?) qu'on avait commises dans mon cas. Mais que pouvais-je faire? Elles ont contribué énormément à compliquer la vie de mon enfant et la nôtre, ses parents, dans les mois qui allaient suivre:
Arrêt prématuré de l'allaitement maternel par manque de lait, début trop rapide avec le lait maternisé, provoquant de la constipation chez l'enfant, obligation de se rendre à l'urgence plusieurs fois pour cette raison, erreur du médecin de garde qui a prescrit un médicament pour constiper plutôt que l'inverse, fissure rectale résultant de la constipation et non détectée par les médecins pendant plusieurs mois...

Je me contente de lister quelques problèmes puisqu'ils font partie du parcours médical de mon enfant plutôt que du mien. Les détails nécessiteraient plusieurs autres pages. Je tiens cependant à souligner que, malgré toutes les précisions qu'on peut fournir aux médecins lors des consultations, les erreurs médicales sont légion et le fait d'être trop confiant ou trop crédule, même si ça peut aider la guérison, risque bien plus au contraire de faire dégénérer le moindre petit problème.