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Historique médicalp.6
Un mal de gorge qui ne guérit pas
Avant mon retour au travail et pendant mon congé (épuisant) de maternité de dix mois, comme j'étais dans une nouvelle ville, j'avais commencé les démarches pour me trouver un médecin de famille. Mon gynécologue avait constaté que la coupure due à l'épisiotomie s'était bien refermée. L'accouchement était donc du passé. Mon enfant quant à lui était suivi par le pédiatre qui l'avait examiné à sa naissance (et qui, soit dit en passant, n'a jamais trouvé le moindre problème pendant l'allaitement).C'était dans le temps des publicités télévisées qui nous encourageaient à consulter un médecin en cas de mal de gorge car il pouvait être le symptôme d'un cancer. Comme je ressentais depuis plusieurs mois une douleur diffuse à la gorge qui était différente des rhumes auxquels j'étais habituée, par prévention, j'ai suivi les conseils entendus.
Après quelques examens et prélèvements sanguins, le médecin s'est orienté vers les problèmes de thyroïde et a prescrit un test dans un département de médecine nucléaire. Ce test consistait à avaler deux capsules radioactives (iode peut-être?) et à passer ensuite sous un lecteur de radioactivité qui transcrivait en dessin la forme de la glande thyroïde et l'envoyait sur papier. Résultat: ma glande était trois fois plus grosse que la normale. Explication du médecin: hypothyroïdie, vu que la glande produisait moins que ce qu'elle devait, elle essayait de grossir pour augmenter sa production. Mon seul autre symptôme était le manque de réaction aux tests de réflexes.
Tout semblait logique. Le médecin était sûr de lui. Le traitement: prendre du Synthroid pendant tout le reste de ma vie, à raison d'un comprimé par jour. Il ne restait qu'à déterminer la dose, ce qui a pris plusieurs mois dans mon cas. Mais au moins, le mal de gorge s'est résorbé. Pour les réflexes, on n'a jamais vérifié à nouveau. Comme plusieurs femmes dans ma famille souffraient déjà de cette maladie, en particulier ma propre sœur qui était traitée depuis sa puberté, je n'ai pas discuté le diagnostic. (J'ai appris il y a peu de temps que l'hypothyroïdie diagnostiquée après un accouchement est très souvent transitoire et dure environ de 6 à 12 mois. Mais ce médecin ne semblait pas le savoir à l'époque.)
1986 à 1997 - Hypothyroïdie, ballonnements, champignons, eczéma, ... , alouette!
Pendant la douzaine d'années suivant mon accouchement, bien occupée à élever mon enfant tout en travaillant à temps partiel, mis à part mes rendez-vous annuels pour vérifier la thyroïde et pour l'examen gynécologique, mes relations avec le système médical ont eu surtout pour cause les rendez-vous obligatoires pour la vaccination de mon enfant, ses rhumes et autres petits bobos qu'on considère normaux pendant l'enfance.L'un de ces petits bobos, ayant nécessité d'administrer des antibiotiques à mon enfant, a permis d'ajouter à son carnet de santé une allergie à la pénicilline survenue à la neuvième journée, quoique quelques années plus tard lors d'un problème plus grave, ce diagnostic ait été remis en question: n'était-ce pas plutôt une intolérance? Les antibiotiques étaient, jusqu'à il n'y a pas tellement longtemps, habituellement prescrits pour dix jours. On m'a dit que maintenant, on ne prescrit les antibiotiques que pour sept jours... peut-être y avait-il trop de cas d'intolérance?.
Il semble que la différence entre l'allergie et l'intolérance soit aussi petite que la forme des boutons et l'étendue des rougeurs. Mais dans le cas d'une ostéomyélite, l'importance est de taille car la variété de médicaments disponibles est réduite.
Ceci faisant encore partie de l'histoire médicale de mon enfant, je ne peux qu'apporter un commentaire général. Quand un enfant est atteint d'une maladie grave, les parents se sentent complètement impuissants et démunis face au géant médical. On ne nous permet aucun choix, on ne nous donne aucune explication, on doit subir, regarder notre enfant souffrir, attendre de voir si les médecins ont eu raison, et conserver des doutes malgré tout: Jusqu'à quel point les traitements administrés risquent-ils d'influencer sa vie future? (J'ai appris récemment qu'au Québec, les parents peuvent choisir mais, à l'époque, l'hôpital ne m'avait pas laissé le choix.)
Suivie annuellement pour ma thyroïde, de nouveaux tests ont amené un changement du dosage de Synthroid. En fait de symptômes, j'avais noté une diminution importante de ma libido, des hématomes qui apparaissaient et disparaissaient sur les jambes surtout mais aussi sur les bras et une augmentation des petits boutons sur la peau provoquant des démangeaisons. De temps en temps, je souffrais également de palpitations, de ballonnements dans le ventre souvent douloureux, de champignons à l'anus et d'eczéma sur les mains qui me démangeaient nécessitant des onguents à la cortisone, mais il n'y avait aucun lien, d'après le médecin, avec la thyroïde ou la médication...
Suite à l'horaire trop restrictif de mon médecin de famille, un nouveau médecin généraliste en 1992 a poursuivi les mêmes traitements, avec les mêmes résultats et un suivi annuel identique. Quelques changements de dosage ont eu lieu selon mes problèmes du moment ou suivant les résultats de laboratoire. En juillet 1997, l'un de ces résultats montre une hausse subite du taux de TSH à 21. Curieusement, cette date coïncide avec l'arrivée d'un nouveau biochimiste à l'hôpital où je passais ces tests (on voit son nom sur les résultats de laboratoire). Peut-être que les machines de tests ont été changées par la même occasion? Le médecin n'a pas semblé surpris. Les résultats suivants sont revenus dans la norme suite aux changements de dosage.
Lors d'un de ces examens annuels, j'ai montré à mon médecin de curieuses taches brunes apparues depuis quelques mois sur mon ventre à la hauteur de la taille, peau que je n'avais pratiquement jamais exposée au soleil. Il m'a immédiatement référée à un dermatologue. Comme il y avait risque de cancer, le rendez-vous a été donné rapidement. Heureusement, un diagnostic sans gravité a aussi été émis rapidement: ces taches étaient causées par la réaction de l'eau de javel avec les bandes élastiques de mes sous-vêtements. Le dermatologue était formel et m'a même montré des photos à l'appui de son affirmation. Le traitement: éviter les lavages à l'eau de javel. Les taches ont disparu en quelques semaines. Ah si tout le reste pouvait être aussi simple!
